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Zine dessin 1 Liliane Giraudon "Homobiographie" Édition spéciale Avril 2026

Zine dessin 1 Liliane Giraudon "Homobiographie" Édition spéciale Avril 2026

Prix habituel €120,00 EUR
Prix habituel Prix promotionnel €120,00 EUR
En vente Épuisé
Taxes incluses.

Texte de Sally Bonn bilingue français anglais. 32 pages couverture sérigraphie numéroté à la main,10 éditions spéciales, cousu main.

Edition spéciale de 10 exemplaires avec dessin original signé 17X25 120€

Biographie 

Née en 1946 liliane giraudon vit à marseille. Son travail d’écriture, situé entre prose (la prose n’existe pas) et poème (un poème n’est jamais seul) semble une traversée des genres. Entre ce qu’elle nomme « littérature de combat » et « littérature de poubelle », ses livres, publiés pour l’essentiel aux éditions P.O.L dressent un spectre accidenté. A son travail de « revuiste » (Banana Split, Action Poétique, If, La gazette les jockeys camouflés, Kes Kiels Foutent, Calling Card, MarParGo …) s’ajoute une pratique de la lecture publique (Quatuor Manicle) et de ce qu’elle appelle son « écriredessiner » (tracts, livres d’artiste, expositions, ateliers de traduction, feuilletons, vidéo, théâtre, radio, actions minuscules) …

« Une existence tordue » pourrait être le titre de son laboratoire d’écriture où circulent des voix

.Publications récentes :  Une part de tarte rouge, dessins Bernard Moninot  éd. Artgo&Cie.2025 / Pot pourri, P.O.L . 2025  / La petite g, co-édition Plaine Page & Cipm 2025  / Sister, Les Cahiers de la Seine 2026

Dernières expositions :

Madame Himself & l’humour poétasse Marseille CIPM (septembre 2025 janvier 2026) commissaire Marie Cécile Castanet

Exposition 2010 arles l’atelier cinq 

In memoriam Elsa von Loringhoven

Si parler une langue c’est produire des phrases  qu’on n’a jamais entendues, dessiner pourrait aussi être une manière de tracer des choses qu’on n’a pas vues ou  qu’on voudrait ne pas perdre de vue.  Traquer. Noter. La poète dessinant dessine  ce qu’elle ne sait pas qu’elle va dessiner. Une pratique comportementale. Entre l’art d’être perdue et celui de cesser d’avoir peur des spécialistes.  « Frappe moi donc ou laisse-moi passer ! » s’écrie Carmen  chez Bizet… Parfois dessiner soulage, d’autres fois agite. Geste répétitif autant qu’exploration intensive des déchets. Et si le montage c’est le destin, on peut même  y associer la colle et les ciseaux. Colorier…

« Les porteurs d’ombres travaillent dans l’inframince » déclarait le camarade Duchamp… Ici et en réponse, introduisons en hâte la baronne  Elsa von Loringhoven vêtue de loques ramassées, la tête couronnée de boites de sardines. C’est vers elle que va notre amour comme une forme d’infinie reconnaissance…  Une autre fois, un soir de vernissage elle apparaît dans une robe où elle a cousu 80 jouets  en plomb ou en fonte : des poupées, des fleurs, des automobiles, des locomotives et des boites à musique. En guise de chapeau, elle porte une corbeille à papier décorée de persil. Au bout d’une ficelle  elle traine  sept roquets affamés …

 Côté infra-ordinaire c’est elle qui sera placée au rang des héroïnes.  Nous serons sous sa protection… Ici et maintenant. Aujourd’hui et demain.

« Pourquoi ici ?/ Pour faire quoi ici -- ?/ Le bien ? ah-- !? vite–accélérez—sautez—dégagez/du vent ! Bon vent – goobye ! bye ! /ah—bye-bye-bye/ Nous - de cette terre –aimons cette terre/ faisons le paradis ici --/ prenons des mesures ici -- / pour avoir de l’allure au-delà/… » ( The Little Review 1920)

Homobio graphe est un carnet retrouvé. Ici choisi parmi quelques autres. Trace ou tentative d’archivage d’un événement (à 76 ans récidive 3em cancer du sein) … Quelques prélèvements de dossiers médicaux témoignent  que  ça a  bien eu lieu (poumons, os, souffrance, interrogatoires…)… Les prélèvements  s’articulent à des morceaux de cartes postales reçues cette année-là et venues de Russie, de Chine ou d’Italie. Comme le corps découpé, les images  se traitent et viennent s’articuler à l’intérieur d’un petit carnet  ramassé puis stocké dans une boite en fer. On découpe. On colle. On trempe de  vieux crayons de couleur dans une tasse d’eau. Une pratique hâtive, un peu nerveuse  quoique précise et où entrerait une forme de rage appliquée. Ma vie sans moi, avec les autres… Agrafé bio puisque graphie d’une expérience partagée (à ce jour estimation de plusieurs milliers de nouveaux cas de cancer du sein chez la femme…)   Carnet plusieurs fois scanné, exposé  … aujourd’hui entre les mains de Corinne Dumas. Désormais entre vos mains… Et sous la protection de la baronne Elsa von Loringhoven… Parce que le temps passe comme les figues et l’herbe fleurie…

LG. Marseille 29 mars 2026

C’est une grande joie d’accompagner l’oeuvre de Liliane Giraudon dans ce zine dessin et dans l'exposition qui sera présentée à la galerie l’atelier cinq, place Voltaire, durant le festival Off du dessin à Arles (infos ci-dessous).

In memoriam Elsa von Loringhoven

If speaking a language means producing sentences we have never heard before, drawing could also be a way of tracing things we have not seen or that we would not want to lose sight of.
To track. To note.
The poet who draws draws what she does not know she is going to draw.
A behavioural practice.
Between the art of being lost and the art of ceasing to be afraid of specialists.

“Hit me then, or let me pass!” Carmen cries in Bizet…
Sometimes drawing brings relief, other times it stirs things up.
A repetitive gesture as much as an intensive exploration of waste.
And if montage is destiny, one can even bring in glue and scissors.
Colouring…

“The bearers of shadows work in the infrathin,” declared comrade Duchamp…
Here, and in response, let us hastily introduce Baroness Elsa von Loringhoven, dressed in scavenged rags, her head crowned with sardine tins.
It is towards her that our love goes, as a form of infinite recognition…

Another time, on an opening night, she appears in a dress into which she has sewn 80 toys in lead or cast iron: dolls, flowers, motorcars, locomotives and music boxes.
As a hat, she wears a waste‑paper basket decorated with parsley.
At the end of a string she drags seven starving little dogs…

On the infra‑ordinary side, she is the one who will be placed among the heroines.
We will be under her protection…
Here and now.
Today and tomorrow.

“Why here? / For what here—? / Goodness? ah—!? quick–accelerate—jump—clear off / some wind! Fair winds – goobye! bye! / ah—bye‑bye‑bye / We – of this earth – love this earth / let us make paradise here— / let us take measures here— / to cut a figure beyond / …” (The Little Review, 1920)

Homobio graphe is a notebook that was found again.
Chosen here among a few others.
Trace or attempt to archive an event (at 76, third recurrence of breast cancer)…
A few extracts from medical files bear witness that it really did take place (lungs, bones, suffering, interrogations…).

These extracts are articulated with pieces of postcards received that year and coming from Russia, China or Italy.
Like the cut‑up body, the images are processed and come to be articulated inside a small notebook picked up and then stored in a tin box.
You cut.
You glue.
You dip old coloured pencils in a cup of water.
A hasty practice, a little nervous yet precise, in which a form of applied rage would enter.

My life without me, with others…
Agrafé bio since it is the writing‑down of a shared experience (to this day, an estimate of several thousand new cases of breast cancer in women…).

Notebook scanned several times, exhibited…
Today in the hands of Corinne Dumas.
Now in your hands…
And under the protection of Baroness Elsa von Loringhoven…

Because time passes like figs and flowering grass…

LG. Marseille, 29 March 2026

Dans le travail de la poétesse et artiste Liliane Giraudon, c’est la ligne qui domine. Une ligne qui écrit et qui dessine. Mais elle n’est pas droite, elle est fracturée, fragmentée, accidentée, parfois désarticulée mais toujours au seuil de l’articulation. Il y a une continuité car la main qui écrit est aussi celle qui dessine, la ligne signale la continuité d’un geste. Dans le discontinu de l’œuvre, la continuité est celle du geste: écriredessiner, dit-elle. 

Sally Bonn 2026

Frais de port réduits France 4€ au lieu de 6€. Internationnal 10€ au lieu de 14,50.

 

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